Réflexions pour un avenir

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Pour en finir avec la culpabilisation du peuple français !

En préambule de cet article, je voudrais poser une question… conséquente : Est-il possible, en France, de défendre une position générée par une personnalité du Front National ou en lien avec un point de vue défendu par ce parti sans être fiché comme thuriféraire d’extrême droite ? Au vu des articles consternants ayant suivi l’élection d’Alain Finkielkraut à l’Académie Française, on peut en douter. Eh bien ! La résistance contre toute forme d’oppression étant par nature justifiée, je passerai outre le terrorisme de la pensée, car la recherche de la vérité et la réflexion ont toujours eu un prix à payer. Je n’hésite donc pas…

Les médias – comme il fallait s’y attendre – se focalisent désormais sur les mairies ayant une majorité Front National. La démocratie a pourtant parlé lors des Municipales : aucun bureau de vote n’a été pris d’assaut par un candidat ou un parti, aucune arme à feu n’a été retrouvée dans les isoloirs… mais, comme d’accoutumée, certains ne veulent pas admettre les résultats… C’est même au nom de la démocratie qu’ils s’insurgent de l’élection de certaines listes et que des comités de vigilance ici et là se forment pour contrôler les abus qui ne manqueront pas d’être commis ! Comment accepter un tel discours ? Comment ne pas être écoeuré par de telles pratiques totalement ineptes dans le cadre d’une vieille démocratie apaisée ? Comment ne pas considérer que l’argument démocratique brandi comme s’il était en péril n’est que le leurre d’une société dont des groupes se sont arrogés le monopole de la bonne pensée et des vérités d’évidence ? Peu importe qu’il y ait ou non cohérence du discours avec la réalité, peu importe de ce que souhaite la majorité des électeurs. La bonne pensée a toujours raison. Elle sait ce qui est bon, et se donne même comme vocation de redresser les mal-pensants.

A Villers-Cotterêt, le maire Franck Briffaut a décidé de ne plus commémorer l’esclavage dans sa commune. A priori, il en a le droit. Las ! les bonnes âmes s’en sont émues en évoquant les sempiternels refrains légitimes par nature (il est normal de commémorer l’esclavage ; ne pas vouloir le faire, c’est du racisme). Le tout avec la larme à l’œil de la repentance (pour les horribles crimes coloniaux) et la vocation de prophylaxie sociale (pour l’éducation des citoyens récalcitrants).

Posons un instant un esprit critique sur la situation :

1)      La société s’est coupée de ses racines historiques, culturelles et spirituelles en prétextant la libération de l’individu des « chaînes de sa servitude ».

2)      Mais la démocratie ne suffit pas à former les esprits. Il faut donc des références idéologiques. On invente alors des principes supérieurs qu’on totémise.

3)      Pour agréger les esprits, on créé des conflits (quand il y a des droits ou des principes à revendiquer, il y a une dynamique qui entraîne les masses). De plus, revendiquer, c’est le mode privilégié de la lutte contre une inégalité ou une injustice. La légitimité est donc a priori.

4)      Comme support, on créé de toute pièce des commémorations (en l’espèce, celle en question ne date que de 2007).

5)      A partir de leur création, elles deviennent intouchables. A cette fin, ceux-là même qui luttent à l’envie contre l’obscurantisme religieux, utilisent une mystique quasi-identique pour refuser avec l’énergie du croyant bafoué dans sa foi, toute atteinte à la sacralité de la commémoration.

Certes, le processus est à bien des égards puéril et falsificateur. On se paie notre tête en agitant un chiffon rouge. On se complaît dans des logiques de fausses menaces planant sur la démocratie en tirant des ficelles très visibles et en actionnant les ressorts de la peur ou de la sensiblerie. Mais le résultat est étonnamment en accord avec les objectifs.. Le soupçon s’insinue dans les esprits sur l’objet de la révolte, jusqu’à laisser des traces indélébiles.

On comprend alors comment des propos grotesques puissent être tenus par les opposants au maire de Villers-Cotterêt… avec les accents de la légitimité absolue, alors qu’ils ont été battus aux élections et qu’ils sont minoritaires dans la commune. Mais les cris des opprimés sont toujours entendus…

A titre personnel, je crois que cette habitude de la repentance, du pardon aux anciens peuples colonisés, de la chasse aux racistes et toutes les thématiques corrélatives, sont une menace considérable pour la cohésion du pays. Contrairement à ce que les loges maçonniques ont cru, l’auto-flagellation et la culpabilisation ne servent à rien lorsque le peuple ne se sent pas coupable. Dans l’Allemagne des années 50 et 60, un tel discours était reçu par tout le monde comme une évidence, parce que la population avait été partie prenante au régime nazi à un titre ou à un autre. Décréter en France que nous sommes coupables d’avoir colonisé des pays ou d’avoir pratiqué l’esclavage (aboli il y a plus d’un siècle) est inaudible. Et c’est fort heureux.

 

Elections municipales : La saveur eschatologique d’un corps électoral excédé

La vie politique française semble ainsi faite que les commentaires les plus pessimistes la concernant sont toujours en dessous de la réalité.

Les années passent, les décennies s’enchaînent inéluctablement sur un désordre et une évanescence qui forcent l’écoeurement et la saturation. Les majorités se sont et se défont au gré des élections, dans une schizophrénie de la recherche d’un perpétuel au-delà inaccessible, et que la réalité ramène à sa terrible dimension médiocre d’un quotidien sans âme et sans idée.

En mai 2012, lassée par un quinquennat tumultueux, l’opinion publique voulut retrouver le calme et la rondeur d’une présidence apaisée. François Hollande n’avait de manière évidente aucune des qualités qui fondent un chef d’Etat. Certes, il est apaisant. Mais on ne gouverne pas par l’endormissement ou le statu quo. Surtout en ces temps de réforme d’un Etat totalement suranné, boulimique et en asphyxie perpétuelle. Non, il n’est pas l’homme de la situation. Et les Français n’ont guère mis plus de quelques mois pour s’en convaincre. Il a même atteint des sommets d’impopularité, comme si les échéances électorales n’étaient pas assez rapprochées, que les alternances systématiques au gré des élections ne suffisaient plus aux électeurs pour manifester leur mauvaise humeur devant le spectacle pathétique d’un pouvoir à l’agonie… fuyant ses responsabilités sur un scooter en quittant l’Elysée par une porte de service pour s’oublier dans la gaudriole.

Les présentes élections municipales ont alors été l’occasion de sanctionner cette majorité de gauche inconsistante. Et quelques résultats sont tout à fait salvifiques… détrônant des potentats locaux qui s’étaient imaginés que les municipalités ne pouvaient qu’être socialistes, exactement comme le PCF pensait, durant les années 50-80 que la couronne rouge de Paris serait immuablement communiste.

Mais avec un taux d’abstention de près de 40% et un renversement complet de majorité, moins de deux ans après la déferlante socialiste de 2012 qui avait conforté TOUTES les majorités au PS (communes, départements, régions, Assemblée Nationale, Sénat, exécutif), comment ne pas observer que ce scrutin nous renvoie le signe manifeste d’une désaffection grandissante des Français pour la politique, une défiance devant l’attitude du personnel politique, ses pitoyables mensonges électoraux, ses inconcevables reculades pour rester au pouvoir, ses abandons ou a contrario ses obstinations pour plaire à sa petite majorité ? On a voulu se consoler dans les médias, en disant que finalement, le Front National n’avait pas réalisé un score important, malgré la dizaine de villes remportée. Mais l’ancrage de ce parti, sa lente mais inéluctable poussée, sa captation d’une partie toujours plus grande des déçus des autres formations, est bien la preuve que le malaise n’est plus seulement circonstanciel, qu’il est le résultat d’un diagnostic sur l’état « médical » d’un système moribond.

Le personnel politique français n’a pas encore compris que la politique ne devait pas s’appréhender comme une carrière mais comme une charge. Il est absolument inacceptable de voir que la majorité des hommes et femmes politiques n’a jamais exercé d’autres activités et ne vit qu’aux dépens de la société en cumulant les fonctions éligibles, ou les nominations comme conseiller spécial ou à quelque emploi de circonstance dans la Fonction publique…

Il est plus que temps d’abandonner radicalement le modèle français dont on veut encore nous vanter les mérites comme pour prolonger un peu la magie de cet Etat interventionniste qui n’est au final qu’un impotent vivant très largement au-dessus de ses moyens et étouffant les Français de ses ponctions insupportables.

Mais qu’on ne s’y trompe pas ! Le modèle capitaliste de la mondialisation ne saurait être pris comme le totem des temps modernes. Sa déconstruction de tout idéalisme, de toute primauté des valeurs morales, pour un monde que l’on précipite aveuglément dans une course sans fin et sans but, n’a pas plus d’avenir que la médiocrité de notre système politique.

Le temps est probablement venu d’une refondation philosophique de nos sociétés, de notre modèle de développement et des structures politiques adéquates pour y parvenir. Est-ce trop demander ? Peut-être… Mais avons-nous le choix ?